Wednesday, 7 May 2014

elle vient

à travers les rues grises la banlieue
rêvée par les développeurs et
conçue pour les flots du trafic

la Grand-mère vert turquoise vient
s’approche sur sa super Truie
rejoint le champ de bataille

elle vient le long de l’autoroute en ruines
entre les repaires des crackheads vers le palais du cochonnet
où le moral des femmes s’élève hors

de l’horreur, de la crasse, comme
des dents avariées des os brisés
leur moral se conjugue et s’élève, s’élève

toutes nos sœurs mortes s’élèvent dans les bras des femmes ailées
habituées aux champs de batailles
conscientes de l’existence des champs de batailles, ici

comme au long de la route des larmes.

épaules dégagées
bras ouverts
torse bombé

Grand-mère vert turquoise respire
au rythme de chacun de ceux qui arpentent encore
les rues du centre-ville

nos virages sur les autoroutes tranquilles
nos histoires d’amour en pure perte
nos villages envahis

épaules dégagées
bras ouverts
torse bombé

elles accueillent le flot des sons intérieurs
le son de voix qui déclament des chants de tristesse
le son de nos tambours
qui s’élève à travers le temps et le ciel
le son de nos corps chauds voyageant en fuite
à travers les familles
et les forêts

épaules dégagées
bras ouverts
torse bombé

nous accompagnons nos sœurs nos frères jusqu’au seuil
nous les étreignons jusqu’à la fuite, et puis
nous les étreignons encore

nous accompagnons nos mères et nos pères
nous accompagnons nos enfants, nos amis, et ô combien d’étrangers, de pêcheurs d’étoiles

nous accompagnons nos mourants
nous plongeons profondément en nos mémoires

lentement
une à une nous les portons vers leur repos

épaules dégagées
bras ouverts
torse bombé

les larmes coulent de l’intérieur
filtrent dehors mouiller
nos peaux bigarrées

la douce caresse d’une paume chaude
dans la chevelure sur la tête d’un enfant

le toucher d’un amant et de l’aimé n’importe où, n’importe quand

la paume chaude de Grand-maman
sur la joue d’un de ses enfants adultes

ou sur le poil rude au dos de la Truie
qui vient


Poème par Joanne Arnott
Version originale anglaise : She is riding
Poème traduit de l’anglais par Daniel Canty
Révision linguistique par Pierrette Tostivint


source:http://www.parl.gc.ca/About/Parliament/Poet/JoanneArnott-f.pdf

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